Bénédicte Radal

Psychopraticienne à Lyon & Montélimar

Parentalité : les câlins sont bons pour le moral

« Il est nécessaire à la croissance et au développement harmonieux d’un enfant de satisfaire correctement ses besoins tactiles »

Ces mots sont ceux de l’anthropologue britannique Ashley Montagu en 1971.

La stimulation tactile favorise le développement de l’enfant

L’auteur de La peau et le toucher. Un premier langage* s’étonne que les chercheurs se soient si peu intéressés à la peau, un organe pourtant essentiel chez l’être humain. Dans cet ouvrage de psychologie expérimentale, il remarque que les expériences tactiles précoces affectent le développement de l’enfant et son comportement. Lorsque le bébé est frustré, il devient plus anxieux, insécure, et se développe moins harmonieusement. Les premiers contacts entre la mère et l’enfant, notamment, de la grossesse à l’allaitement, sont primordiaux.

Au même moment, le gynécologue français Frédérick Leboyer, attire l’attention sur la naissance sans violence, et oriente ses travaux vers la réduction de la souffrance du nouveau-né, mais aussi des mamans.

En 1976, il introduit en France l’art traditionnel indien de massage des bébés, dans un livre devenu un classique : Shantala*.

Tous deux ont compris combien le toucher, le massage, les caresses améliorent la santé physique  du nourrisson : respiration, digestion, vitalité, système immunitaire, mais surtout plus profondément la santé émotionnelle du bébé : sentiment de bien-être, de sécurité, calme.

Les progrès des neurosciences confirment les observations

Et si à l’époque, Ashley Montagu déplorait le manque de preuves, aujourd’hui, la science les apporte : le toucher agit sur le développement du système nerveux et du cerveau des tout-petits, c’est bel et bien prouvé.

Des études montrent que les câlins, les caresses, les bisous, les gestes tendres augmentent les taux de somatotropine, l’hormone de la croissance, et d’ocytocyne, l’hormone du bien-être, de l’amour et du lien social.

A l’inverse, le manque de contacts physiques et le stress réduisent ce taux, et vont même jusqu’à impacter l’ADN.

Tenir son bébé dans ses bras, le câliner tendrement, prendre le temps de le masser délicatement, le porter en écharpe, faire preuve de douceur dans ses gestes… Autant de stimulations bénéfiques pour le nouveau-né et son développement moteur et cérébral.

C’est notre aptitude à aimer plus tard en tant qu’adulte qui est en jeu.

Mais pas n’importe quel toucher

Il est nécessaire de préciser cependant que le toucher se doit d’être sain et bienveillant.

Cela paraît évident… Pourtant les blessures qui arrivent dans un cabinet de thérapie sont le plus souvent celles d’ex-enfants blessés, par des manques de touchers mais aussi par des « mauvais » touchers, c’est-à-dire des contacts inappropriés.

Main homme bébé

– Un « mauvais » toucher est un toucher qui envahit l’espace vital du bébé. Le corps de l’enfant doit être respecté, et l’adulte doit être attentif à ne pas l’utiliser pour combler ses propres manques, car alors cela devient une intrusion. C’est à l’adulte d’être au clair sur ses besoins affectifs, et de chercher à les satisfaire ailleurs.

– Un « mauvais » toucher, c’est aussi un toucher où l’érotisme et la tendresse s’emmêlent, ce qui va générer une excitation excessive chez le nouveau-né, le sur-stimuler. Et là encore cela demande à l’adulte d’être au clair sur sa sexualité, ses pulsions, au risque de créer un climat incestuel, c’est-à-dire un fonctionnement de confusion au sein de la famille. Le thème de l’incestuel fera l’objet d’un prochain article.

Si un bon toucher est nécessaire au développement harmonieux d’un enfant, il est aussi indispensable à l’adulte. Le contact, que ce soit dans le couple ou lors d’un massage, stimule les hormones du bien-être et équilibre le système nerveux.
En ces temps où la distanciation sociale est requise, les manques peuvent être réactivés de façon douloureuse pour certains. Il n’est jamais trop tard pour réparer les blessures de l’enfant intérieur.
C’est aussi ce que propose une psychothérapie.

 

Références

*La peau et le toucher. Un premier langage. Ashley Montagu. Éditions du Seuil.

*Shantala. Un art traditionnel : le massage des enfants. Frédérick Leboyer. Éditions du Seuil.

 

Bonus – Exemple de l’accueil d’un bébé à sa naissance avec un toucher délicat et enveloppant

amourbébébien-êtrecorpsEnfantincestuelmassageparentalitépsychothérapie

Bénédicte Radal

Psychothérapie enfant, adolescent. Psychothérapie corporelle adulte méthode Analyse Psycho-Somato-Énergétique (APsySE). Lyon, Montélimar, Rhone-Alpes.

A propos

Bénédicte Radal
Psychopraticienne, ex-enseignante, voyageuse, j'explore depuis plus de 20 ans les alternatives en éducation et thérapies.

Facebook Pagelike Widget
Rubriques

Bénédicte Radal

Psychothérapeute à Lyon et Montélimar