Bénédicte Radal

Psychopraticienne à Lyon & Montélimar

De l’enfance blessée à la parentalité, un film qui répare

Un film à voir absolument !!! Splendide, lumineux, courageux : L’arbre de l’enfance d’Anne Barth

Encore un film sur l’éducation ?

C’est bien plus qu’un film sur l’éducation. Un film intime sur la difficulté d’être parent et sur l’enfance blessée.

Ici, pas de recette en 7 points pour devenir le parfait éducateur, mais la parole de personnes qui se sont mises en chemin, qui se sont responsabilisées, qui ont choisi de ne pas perpétuer la « violence éducative ordinaire ».
Que signifie se responsabiliser ? Comment faire pour être un parent responsable ?


C’est ce que le film nous montre avec finesse et sensibilité.

La responsabilité du retour sur soi, du retour à sa propre enfance, pour ne pas faire porter sa souffrance à ses enfants ; la responsabilité de regarder l’enfant en soi, de l’écouter, pour ne pas faire subir nos blessures d’enfance à nos enfants.

La responsabilité de reconnaître comment notre enfant vient nous toucher dans notre propre histoire, de reconnaître ce que l’on continue de porter de notre enfance à l’âge adulte, et en tant que parent, la responsabilité de casser le cycle des transmissions douloureuses pour éduquer différemment.

La responsabilité d’accepter qu’il n’y a pas de parent parfait, mais un chemin intérieur et la responsabilité de décider d’avancer sur ce chemin.

Des témoignages à cœur ouvert

Le fil directeur du film est la jeune Juliette, suivie de 11 à 18 ans, qui se réfugie dans la nature face au monde des adultes qui l’effraie. Ses propos d’une sagesse et d’une clarté rares illuminent le film, tout comme les images de la nature, omniprésente.

Les voix de trois adultes viennent faire écho à ses questionnements d’enfant.

D’abord Daniel, père de 3 enfants, nous raconte son enfance blessée et son cheminement de transformation : « La génération d’avant ne se posait pas de question, nous, nous sommes une génération consciente, et nous avons la charge de ne pas transmettre les souffrances »

Béatrice, maman de Louise, ose nous dire sa douleur d’avoir reproduit avec sa propre fille la dureté qu’elle avait elle-même subie de sa mère. Admirable dans son humilité et son courage de s’être remise en question, elle exprime la solitude d’un chemin dans l’obscurité, sans balises, pour briser ce cycle. « On avance en aveugle tant qu’on n’a pas revisité sa propre histoire », nous dit-elle.

Enfin la pédiatre Catherine Gueguen nous apporte des explications limpides. Car oui, être parent est difficile. Et il est important de demander de l’aide.

 

L’apport des neurosciences dans l’éducation

Catherine Gueguen nous rappelle la base d’une éducation qui permet au cerveau de l’enfant de se développer harmonieusement sur tous les plans, social, cognitif, affectif. Cette base, c’est la présence d’un adulte chaleureux, bienveillant, empathique.

Mais même si cette base n’a pas été construite, la résilience est possible à tout âge. On sait aujourd’hui grâce aux travaux des neurosciences que le cerveau est plastique, qu’il peut évoluer tout au long de la vie. La résilience est possible, à condition de s’entourer de personnes chaleureuses, bienveillantes, empathiques, aimantes, pour recréer un cercle vertueux.

Transformer la souffrance est possible, le premier pas reste la prise de conscience que cela peut être autrement.

Bien plus qu’un film sur l’éducation, c’est un film sur sur notre responsabilité d’adultes dans le développement des enfants et sur quelle humanité nous souhaitons pour demain.

A propos

Bénédicte Radal
Psychopraticienne, ex-enseignante, voyageuse, j'explore depuis plus de 20 ans les alternatives en éducation et thérapies.

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