Bénédicte Radal

Psychopraticienne à Lyon & Montélimar

Accueillir la tristesse d’un enfant

Zoé aujourd’hui a du chagrin…
Sa bonne copine Julie va déménager et changer d’école.

Comment aider Zoé dans son petit (gros?) chagrin ?

La tristesse fait partie des 5 émotions de base*.

La tristesse est liée aux pertes, séparations, deuils, déceptions… et indique un besoin de réconfort, de consolation. Voir un enfant triste peut nous faire peur, et parfois nous voudrions trop vite lui rendre sa joie de vivre.

Or, la tristesse, comme toutes les autres émotions, a son utilité et il est bon de la laisser jouer son rôle.
Bien accompagner un enfant dans ses émotions demande d’avoir soi-même appris à accepter et accueillir les siennes !
– Mais pas de panique si ce chemin n’est pas tout à fait acquis pour nous… les enfants sont parfois d’excellents « petits maîtres de sagesse » pour nous faire grandir.

1. Reconnaître l’émotion

La toute première étape face à la tristesse d’un enfant est de la reconnaître notamment en posant des mots. Ça peut être en interrogeant l’enfant :  » Que ressens-tu ?  » ou  » Que se passe-t-il ?  »
Souvent, c’est l’adulte qui va guider, avec des cartes par exemple (voir affichette ci-dessous), pour aider l’enfant à nommer l’émotion ressentie, car les enfants petits n’identifient pas toujours bien ce qui leur arrive dans ces moments-là.  » Oh, je vois que tu es triste ? « ,  » Il me semble que tu es triste ?  »

Surtout, quand l’enfant exprime son émotion, ne cherchons pas trop vite à l’en faire sortir ! La vie d’une émotion a son rythme propre auquel notre volonté ne peut pas grand-chose.

Affichette émotions https://dessinemoiunelicorne.com/

2. Accompagner l’enfant

Ensuite, une fois les mots trouvés, il est bon de prendre le temps de « vivre » l’émotion : réconforter, partager un câlin par exemple, lire un livre ensemble sur le sujet, parler ensemble de ce qui fait de la peine… « Oui Zoé, je comprends que tu sois triste parce que Julie déménage… »
Encore une fois, le chemin est plus facile quand nous l’avons déjà parcouru pour nous-même.

La tristesse d’un enfant réveille aussi parfois en nous des émotions anciennes, de petite fille/petit garçon, que nous avons laissées de côté, car alors personne n’était là pour les accueillir.
Vigilance alors pour ne pas reproduire les schémas !

3. Ne pas en faire des tonnes !

Une émotion est naturelle, elle suit son chemin et comme lors de la pousse d’une graine semée, nous n’avons pas à intervenir plus qu’il ne faut. Soyons plutôt comme un guide, une présence attentive et bienveillante qui aidera l’enfant à se sentir en sécurité avec ses ressentis, quels qu’ils soient.
Parfois simplement reconnaître l’émotion et consoler par un câlin suffit à la laisser se dérouler et se dissiper.

Les enfants ont aussi leurs ressources propres pour traverser la tristesse, à partir du moment où ils se sentent compris et accueillis, et nous n’avons pas toujours à intervenir beaucoup.
Nous adultes avons à reconnaître et entendre l’émotion et être prêts à écouter l’enfant s’il a besoin de parler.

Que devient une émotion réprimée ?

Eh bien si nous réprimons trop fort, et trop souvent une émotion :

  • Elle peut se retrouver coincée et chercher à s’exprimer de plus en plus fort et prendre alors des proportions démesurées et ressortir tout à fait hors de propos,
  • Elle peut aussi se cacher derrière une autre émotion, et alors là, quel fouillis ça devient au-dedans !!!
  • L’émotion peut même être tellement enfouie que l’on finit par tout étouffer en nous,
  • Ou bien, encore pire, elle peut aller jusqu’à se transformer en douleur physique, mal au ventre, etc…

Alors laissons donc les émotions « faire leur job » ! Ainsi apparaissent et disparaissent les émotions… Laissons-leur leur temps et leur espace, et elles nous le rendront bien.

NB : Attention, une tristesse ou toute autre émotion qui se prolongerait dans la durée doit alerter, il ne s’agit plus alors d’un cheminement naturel, mais peut-être le signe d’une plus grande détresse…

* Les 5 émotions de bases sont : la joie, la peur, la colère, la tristesse, le dégoût

A propos

Bénédicte Radal
Psychopraticienne, ex-enseignante, voyageuse, j'explore depuis plus de 20 ans les alternatives en éducation et thérapies.

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